Quand les détranspirants ne suffisent plus !

Malheureusement, l’hyperhidrose peut être suffisamment importante pour que les produits détranspirants ne soient plus assez efficaces. Dans ce cas, d’autres traitements peuvent être proposés mais les complications et effets secondaires en font des solutions de dernière intention. Ils ne doivent bien sûr pas être envisagés sans en avoir discuté au préalable avec un professionnel de santé.

 L'ionophorèse à l'eau du robinet :

C'est le traitement de seconde intention des hyperhidroses des pieds ou des mains, quand l’emploi des sels d’aluminium est insuffisant.
On trempe les mains ou les pieds dans des bacs remplis d'eau dans lesquels on fait passer un courant électrique. Les résultats de cette méthode sont satisfaisants pour l'hyperhidrose modérée des mains et des pieds. Ils sont plus aléatoires pour les aisselles en raison de l'appareillage plus difficile à adapter.
Effets indésirables modérés : érythèmes, prurit, on peut aussi observer des eczémas ou des brûlures superficielles dans de rares cas.
Cette technique est insuffisante pour les formes sévères d'hyperhidrose.

 L’injection de toxine botulique* :

Utiilisée dans le cas d'hyperhidrose des aisselles, quand l’emploi des sels d’aluminium est insuffisant, cette technique recourt à l'injection de toxine botulique dans les zones secrétant le plus de sueur. La toxine a pour but de bloquer localement la libération d’acétylcholine, ce qui empêche l’activation des glandes sudoripares et réduit la sudation.
Il faut environ une dizaine d'injections par aisselle. L’action est perceptible au bout de deux à trois jours. L'efficacité du traitement dure 4 à 6 mois, les injections doivent donc être répétées à intervalles réguliers.
En cas de transpiration intense des mains, cette technique est déconseillée, car elle peut entraîner la paralysie de nerfs essentiels à la prise en main d'objets. Elle est également douloureuse au niveau des pieds et des mains.

 La chirurgie* :

Il existe différents types d'opération, préconisés seulement pour les hyperhidroses sévères, si les autres traitements n'ont pas eu les effets escomptés :
Ablation des glandes sudorales eccrines des aisselles : Le chirurgien retire une large portion de la peau des aisselles avec les glandes sudoripares sous jacentes. Une grande cicatrice en Z persiste ensuite définitivement.
Sympathectomie endoscopique transthoracique : Cette opération peut être envisagée pour les cas d'hyperhidrose des mains très invalidants, qui n'ont pas réagi aux traitements cités précédemment.

Les résultats sont permanents, mais il existe des effets secondaires, comme une hyperhidrose compensatrice (thorax, dos, cuisses) qui survient chez un patient sur trois.

* Dr A. Benohanian et Dr P. Abimelec, Dermatologues